C’est avec un large sourire que nous nous réveillons ce matin.
La dernière semaine a été dense en émotions. Tout d’abord le moteur du bateau a réussi à démarrer avec l’aide d’un mécanicien indonésien. YES ! Vidange de faite ! Ce vieux tagazou s’est remis en marche après quatre ans d’inactivité, il tourne comme une horloge.

Buluh Palau - Sirkus Laut

Buluh Palau

Récurage de la coque, nettoyage de l’hélice, achat de nouvelle batterie, sicaflexe, plexiglace ! Chaque mission est un bout d’aventure mais ça avance. Les gars de la marina nous donnent des coups de main et nous dégotent des bons plans pour parfaire Aeleutheria. Les indonésiens sont très chaleureux et n’hésitent pas à rendre des services.
Durant la semaine, comme prévu, nous sommes allées dormir chez l’habitant. La famille musulmane d’Ima nous a accueilli tel des princesses dans leur humble demeure.
L’égalité entres les sexes est très marquée en Indonésie; les hommes font la cuisine, lavent le linge, s’occupent des enfants. Souvent les deux parents travaillent. Tout le monde est croyant, la communauté musulmane est la plus rependue sur Batam et généralement en Indonésie. Les différentes religions cohabitent simplement et l’accueil est le même partout, les gens sont curieux de nous. Nous essayons de leur expliquer que nous sommes athées et non mariées, il nous semble que ce n’est pas toujours évident à comprendre pour eux.


Costumes enfants - Sirkus Laut

Les costumes traditionnels

 

Chaque île a sa propre culture. Sur Batam nous sommes en terre Melayu (dialecte traditionnel), avec ses spécialités culinaires et rituels spécifiques.
Le premier soir, des amis d’Ima sont venus de Java pour organiser une fête qui aura lieu le surlendemain à l’école. La compagnie internationale pour laquelle ils travaillent a fait un don pour créer une bibliothèque et améliorer les conditions d’étude des élèves. Ils sont venus en France en mai dernier et nous regarde déjà  autrement, comme si le fantasme européen s’était éteint dans leurs yeux.
Le lendemain de cette première nuit, Ima, professeur d’anglais, nous lève à cinq heures du matin pour aller à l’école.

 

 


Elle nous avait informé que le lycée «High school» était sur une autre île, mais nous ne nous attendions absolument pas à prendre une barque taxi qui nous amènera sur une île confetti, Palau de Buluh.
C’est la première fois que l’on découvre de telles architectures : toutes les maisons sont sur pilotis, construites entre mangrove et soutiens de piolet en bois plongé dans l’eau avec, à leurs pieds, des barques pour véhicule.

Débarquement et accueil curieux sur l’île reculée de Buluh. Tout le monde nous regarde comme si l’on venait d’une autre planète, ce qui est plus ou moins le cas !


Village sur l'eau - Sirkus Laut

Le village sur l’eau

Arrivée au Lycée de 187 étudiants venus des îles autours. Les élèves nous montrent du doigt et rigolent, c’est le début d’un interminable mitraillage de photos qui va durer deux jours. On pose comme des stars avec les jeunes, les profs et les habitants. Technologie oblige, n’importe qui a un appareil photo sur son téléphone et est abonné à internet. Nous n’avons jamais été autant prises en photo. Nos têtes doivent circuler sur les réseaux sociaux indonésiens, et dire que tout cela vient d’un mini bout de terre flottant perdu au milieu de nul part.

 

 


 

Malheureusement cette île est farcie de plastique et elle est entourée d’un immense complexe industriel maritime. La pollution est un des problèmes majeurs ici, c’est un spectacle désastreux auquel on assiste tous les jours, la mer et les terres regorgent de cette saleté de plastique.
Mais aujourd’hui, au lycée «SMA NEGERI 11 Batam», place aux grands préparatifs pour la fête de demain. Ima rassemble tous les élèves dans la cour et, munie d’un micro, elle annonce la marche à suivre, puis nous présente comme des «special guests», des artistes, acrobates, venus de France, vivant sur un bateau pour faire un projet de cirque sur les flots. La foule nous acclame. Nous devenons toute rouge à l’idée que le rêve de «Sirkus Laut» devient réalité ! Le discours finit par la prière muslim, «Abdulhah» !

 

 


Cours de Kompang - Sirkus Laut

Cours de Kompang

S’en suit une journée de répétition, Iris et Margot apprennent à jouer du «Kompang» avec le prof de musique, Bilal. C’est un tambour traditionnel qui rythme les danses. Laura fait des croquis et se met en collaboration avec Firman, le prof de design graphique qui va coloriser les dessins à l’ordi. Petite démo d’équilibre par Margot sous le regard ébahit des élèves.
Durant cette journée nous avons également rencontré un pêcheur qui nous a invité à prendre le thé dans sa maison suspendue au dessus de l’eau. Très belle rencontre avec un natif de l’île.
Le lendemain, rebelote, levé 5h et direction Buluh. La cérémonie passe très vite, rythmée de danse, de discours, et de rituels traditionnels.

C’est un événement officiel, le maire de l’île est présent, le patron de la compagnie, l’imame ! C’est Ima qui a tout organisé.

Pendant la matinée on nous invite à se présenter devant les élèves, ainsi nous informons les jeunes à notre projet et activités. Première mise en situation devant un auditoire. Nous transmettons nos idéaux et notre manière d’envisager la vie à travers le projet artistique «Sirkus laut». Les élèves nous écoutent attentivement et nous posent plein de questions.

C’est une forte expérience que nous avons vécue, nous sommes les bienvenues sur cette îles et à l’école, toute proposition est envisageable et le projet prend de plus en plus forme.
Dès notre retour sur Aeleutheria, les missions matos reprennent. Nous pensons aller en Malaisie pour caréner. Nous devons aussi aller à Singapour pour acheter pas mal de choses. On s’ennuie pas à Batam sous la chaleur écrasante.

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