Province des Iles Riau en Indonésie

Kota Batam

Sirkus Laut sur Pulau Batam

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu’il s’agisse d’Iris seule ou accompagnée de Laura, Margot et Chloé, nous avons déjà passé 3 mois à Batam, à Tee Kay Marina Port, où l’Aeleutheria est amarré depuis plusieurs années. Il est donc grand temps de faire le portrait de Pulau Batam par Sirkus Laut !

Pour vous la situer, pulau (“île” en indonésien) Batam est la principale d’une centaine d’îles constituants l’archipel de “kota Batam”. Il faut savoir que les “kota”, ou “kabupaten”, sont l’équivalent de nos départements français. Or, kota Batam est l’un des sept kota et kabupaten qui constituent la province des Iles Riau.

Chaque kota ou kabupaten est constitué de plusieurs dizaines d’îles. Donc si l’on multiplie tout cela par les 401 kabupaten et 97 kota qui constituent les 34 provinces du plus grand archipel au monde, vous pouvez imaginer le nombre d’îles qui constituent l’Indonésie! En fait, on en dénombre officiellement 17 508 … E un peu plus de 900 d’entre elles seulement seraient habitées !

A présent, rapprochons nous un peu de notre localisation actuelle. Pour la petite histoire, jusqu’à il y a quelques décennies, Pulau Batam n’était qu’une petite île isolée du Nord Ouest de l’archipel où il n’y avaient que quelques dizaines de milliers d’habitant. Dans les années 70, les dirigeants indonésiens se sont mis en tête de faire de Batam un pôle économique, urbain et industriel majeur dans la région. En somme, une sorte de second Singapore en concurrence direct avec cet Etat, à une vingtaine de kilomètres ! Pulau Batam devait devenir une  »île-ville » à l’image de sa voisine  »île-Etat ».

Une dizaine d’années ont suffit pour mettre cette ambition en échec à cause de réformes économiques peu attractives pour les investissements étrangers. Batam continue néanmoins à se développer économiquement, mais à un rythme bien moins effréné que les plans initiaux.

Logiquement, la densité de population y a explosé rapidement sans pour autant que les infrastructures de gestion ne suivent (selon Wiki, c’est officiellement la  »ville » d’Indonésie au développement le plus important avec un taux de croissance de la population de 11% par an. Aujourd’hui il y a plus d’un million d’habitants dans la kota). Cela se ressent sur l’aspect général de l’île, dans son organisation, la qualité des constructions, leur esthétique, … Mais surtout , de ce que l’on constate nous, dans le traitement des déchets et l’état environnemental général.

Vue courante de Fanindo

Combien de fois avons nous été attristées si non pas consternées en arpentant l’île en scooter, par le nombre de déchets qui trainent partout, par la déforestation massive, les hectares de terres ravagés pour y construire de nouveaux lotissements ou de nouvelles zones industrielles à faible coût.

Lotissements et zones industrielles faiblement occupés car d’une part, depuis quelques années les entreprises étrangères délocalisent en masse vers d’autres pays asiatiques, pour trouver de la main d’oeuvre moins chère et moins protégée qu’ici. D’autre part, les logements restent chers pour les nombreux travailleurs immigrés qui affluent ici pour trouver du travail, parfois en vain désormais. De ce que nous ont dit des amis locaux, il y aurait environ 40 000 chômeurs à Batam.

 »Zoomons » encore un peu plus, et nous  »arrivons » sur Tee Kay Marina Port : la petite marina où est amarré l’Aeleutheria depuis des années et où, de fait, nous logeons depuis des mois à tours de rôle.

Belle brochette! Chloé entourée de ses copains de Tee Kay Marina Port

Cette marina est située dans le Nord Ouest de l’île, dans une des zones encore  »peu » investies par l’activité humaine, par rapport au reste de la pulau. Elle est surtout destinée à accueillir des bateaux locaux. A vrai dire, nous sommes le seul voilier, et les seules  »blanches » du coin. Tous nos  »voisins » sont plutôt des bateaux à moteur pour les douanes, l’immigration, les services de transport, …

Ah si, quand même : nous avons  »l’honneur » d’être les voisines directes du yacht du Premier ministre ! De la kota, de la province ou de l’Etat ? On ne sait pas, hahaha !

Tee Kay est gérée en toute simplicité si l’on peut dire, avec des moyens matériels relativement sommaires… Une excellente introduction à la sobriété de la vie marine que nous nous apprêtons à débuter !

Toutefois, cette simplicité permet des frais moindres et, en plus, les managers de la marina ont accepté de baisser considérablement leur facture pour les dernières années de stationnement du voilier. S’ils n’avaient pas fait ce geste, Sirkus Laut n’aurait pas eu les moyens suffisants pour acquérir le voilier qui abrite le projet.

Marina de Nungsa Point, le côté touristique de Pulau Batam

Il y a deux ou trois marinas sur Batam, et la principale est assez loin, de l’autre côté de l’île : à Nungsa Point. C’est le côté plus  »touristique » de Batam, avec des paysages un peu plus préservés et de belles plages. Evidemment, cette marina est beaucoup plus luxueuse, il y a de beaux yachts, de beaux voiliers, de vraies infrastructures d’accueil, bien plus de  »blancs » comme nous… Avec d’autres moyens financiers, aussi ! Nous ne pouvons pas du tout nous offrir un séjour là bas, bien sûr.

Alors en gros, on nous fait souvent comprendre qu’ici, on est un peu dans le  »trou » du monde, par rapport à des centres comme Batam Center ou Nagoya, deux des gros districts de l’île (ou Nungsa). Les gens s’étonnent la plupart du temps de nous trouver ici, durablement en plus. Bon.

Pour voir le côté positif des choses, les sources de distractions ne sont pas nombreuses et l’on peut donc se concentrer sur les travaux tous les jours, à quelques exceptions près.

 

On s’accorde quand même de temps en temps de petits allers-retours à Singapour par exemple, car de  »chez nous », on peut arriver là bas en deux heures tout inclus (traversée + passages de douanes) en prenant les ferries locaux qui sont à proximité de la marina. Deux heures, si l’on ne s’aventure pas à traverser des jours de Nouvel an chinois, par exemple, comme on (Iris et Chloé) a pu le faire pour arriver ici à la fin du mois de janvier ! Pour Batam, le Nouvel an chinois est un des weekends les plus importants en matière de  »marée humaine », car la diaspora chinoise est assez énorme à Singapour. Or, ce Nouvel an lunaire constitue une des principales périodes de vacances pour eux. Les singapouriens sont donc extrêmement nombreux à venir passer quelques jours de congés ici, parce que c’est pas loin, peu coûteux et plus dépaysant que la rigidité de toutes les règles de leur ville. Ce jour là, nous avons donc mis une demie journée pour rallier notre voilier, au lieu des deux heures réglementaires.

De plus, le coût de la vie est moins cher dans notre zone. On peut manger dans les petits « bouis-bouis » du coin pour 1 ou 2 euros par tête, par exemple.

Et puis, les gens sont vraiment  »cools » au sens propre du terme, et l’on a l’occasion de rencontrer quelques très belles personnes, généreuses au point de se plier en quatre pour nous aider dans nos nombreuses démarches… Et de nous inviter au resto après, pour les plus fous d’entre eux !

Il y a par exemple, Julian, Budit et Ziu, nos anges gardiens électriciens dont on vous parlera dans notre prochain article.

La bande du Harris Resort

Une soirée à House of Coffee in Fanindo avec les copains de Harris Resort Waterfront

Il y a aussi les copains de l’hôtel voisin : le Harris Resort Waterfront. Romain, le gérant de l’hôtel, un français dont on vous a déjà parlé dans un des articles précédents. Grâce à sa gentillesse, on peut profiter d’une belle piscine et d’une connexion Internet quand on en a besoin et surtout quand on le peut, et le tout gratuitement ! Tika, notre jeune copine très dynamique qui nous prête son scooter si souvent pour nos nombreuses courses et recherches dans l’île (contrairement aux séjours précédents, ce n’était pas possible de trouver un scooter à louer pour nous déplacer en autonomie) ; ses amis et collègues Sri et Wawan, avec qui l’on passe de bons moments de temps en temps ; Ima, notre amie professeure d’anglais, présentée aussi dans un des articles précédents, qui veille toujours sur nous !

 

 

Et puis il y a enfin nos  »chouchous » de la marina, avec qui l’on rigole bien souvent et qui sont toujours là pour nous : Martinus (notre  »favorite one » : c’est un jeune papi qui est tellement adorable ! Il sourit tout le temps, pousse de petits cris trop marrants, est serviable comme pas deux, et il est trop mimi !), Idun, Udin, Bustami et leurs chefs Iwan et Romi… Lorsqu’ils ne jouent pas aux dominos, héhé !

Martinus, poseur!

Baptême de plongée pour Chloé avec Udin, pour gratter la coque et inspecter les anodes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous serons tristes de quitter tous ces compères, mais l’on doit avouer que l’on a aussi hâte de changer d’air pour découvrir des endroits plus engageants que ces grandes plaines industrielles !

 

Vue à 360° aplatie de notre Tee Kay marina

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