La nouvelle saison commence pour Sirkus Laut. Retour sur les dernières semaines, comme un nouveau départ. Rémi le mécano de la team est arrivé mi-janvier a bord pour régler les derniers détails. Iris l’a rejoins fin janvier pour le départ. Nous devrons aller à Lankawi en Malaisie pour caréner Aeuletheria le bateau. Nous récupérerons Lise et Clementine en chemin à Malacca puis le reste de la troupe nous rejoindra à Lankawi. Nous avons eu la visite de Star Seekers, un voilier pleins de musiciens avec qui nous allons naviguer, à Batam (Indonésie) quelques jours plus tard, nous sommes enfin prêt pour le grand départ. Nous partons à deux pour tester ce magnifique bateau.

Tout d’abord nous allons à Nongsa Point, le port principal de l’île, qui est tout au nord pour faire préparer les documents administratifs de sorti du territoire. 16 Miles, vent du nord mais nous ne ferons que du moteur sur ce bout de chemin. Il tourne comme une horloge, quel bonheur ! Arrivée à Nongsa Point nous rejoignons Houia, encore un bateau pleins de musicien avec qui nous allons faire un bout de projet, nous vous parlerons d’eux plus tard.

Une très bonne ambiance dans cette marina, un staff efficace, compétent et des voisins très sympa, merci Roberto pour ce café somptueux. A notre arrivée, le secrétariat se rend compte qu’il nous manque certains papiers et que l’obtention va prendre plusieurs jours. Nous voila face à un problème car les emplacements sont très cher ici. Heureusement le manageur de la marina qu’Iris a déjà rencontrer au paravent connais le projet et nous offre tout le temps nécéssaire pour avoir nos papiers. Il est bon de rencontrer des gens humains. Ce temps nous permet de fignoler des détail comme installer une retenue de baume, réparer la lampe de mat et mettre la girouette. A l’obtention de nos papiers, nous partons pour faire un mouillage avant de traversé du détroit de Malacca (une autoroute à cargos et usine flottante).

Nous avions repéré un coin entre des iles protégé du vent avec 6 mètre de fond. Plutôt pas mal ! Mais Navionics (GPS marin) nous a fait défaut et nous voila posé sur le sable… Bon rien de grave la coque est en acier, il suffit d’attendre que la marée monte. Pendant notre attente nous avons eu beaucoup de visite, nous avons même offert le café au pêcheurs.

Des gens formidable qui se sont arrêtés pour prendre soin de nous, eau, poisson et besoin vitaux mais nos vivres sont déjà pleins. Nous avons regagnés la plage à pied et à la nage dans la journée, nous pensions arriver sur une ile déserte mais pas si déserte que sa finalement ! Quelques minute après, nous nous retrouvons avec tout les enfants du village, on dort, on joue avec eux tout en passant le temps. Il est temps de rentrer sur Aeuletheria et de tout préparer pour la marée haute (4h du matin). Comme cette marée n’est pas très haute, nous devons user de stratagème. Nous attachons un bout (cordage) sur un gros rocher sous l’eau à bâbord que nous allons relier à un winch du voilier afin de faire pencher la quille du bon coté. Sayini, un pêcheur revient nous aider avec sa barque et sa determination. Victoire, à 4h06 du matin. Aeleutheria se débloque et nous partons. Allez hop nous voilà parti pour la traversée du détroit de Malacca. Le bateau n’a rien, à peine quelques rayures. Nous prenons nos aises et nous sortons les voiles Avec un vent faible mais constant de NE. Nous notons que la barre a roue hydraulique peine un peu…

Nous parcourons quelques miles et là… Nous avons de plus en plus de problèmes avec la barre jusqu’à perdre complètement la direction. Il fais nuit. Nous sommes face à un réel problème. Dans un premier temps nous avons dû jouer avec les courants et l’accélérateur (coup d’accélérateur remonte à bâbord, lâché des gaz dérive à tribord) pour se dégager des cargos. Notre petite combine nous amène devant l’île de Pisang (île paradisiaque de la banane).

Nous resterons deux jours pour nous remettre de nos émotions. Pour repartir en direction de Malacca nous mettons la barre franche qui n’est pas simple à manier étant donné la taille de Aeleutheria et sans accès direct a la manette de gaz.

150 miles plus tard nous arrivons dans la nuit vers Malacca et nous mouillons près d’une magnifique mosquée verte ! Nous avons tellement hâte de prendre une douche et de dormir sur nos deux oreilles. Le destin en a décider autrement pour Rémi qui s’est pris un bout de métal dans l’oeil, ce qui l’empêche de dormir toute la nuit. Le lendemain direction hôpital pour une longue journée d’attente mais ouf tout va bien, ils ont de bons spécialistes en Malaisie.

Malacca est une ville surprenante par sa mixité culturel. Elle a été colonisée par les anglais, les hollandais et les portugais puis par les Malaysiens, Chinois et Indiens. Mélanger tout ça et vous avez Malacca. L’architecture est surprenante, en changeant de quartier nous avons l’impression de changer de pays. L’art et architecture est surprenante. La ville est classée patrimoine mondial UNESCO.

Les filles arrivent. Lise et Clémentine, prêtent à partir, plus motivées que jamais. Ils nous fallut plusieurs jours pour traverser en long et en large la ville afin d’avitailler le bateau et trouver tout le nécessaire logistique manquant à notre traversée. Le jour du départ, 3h du matin, la pompe à eau de mer se met à fuir, retardant d’un jour le départ. Marée haute le lendemain à 5h18, départ. Deuxième tentative concluante. La traversé fut belle et intense, mais nous utilisons beaucoup le moteur car peu de vent. Nous avons essuyé une tempête ce qu’ici ils appellent un grain… En en rien de temps au lever du jour, nous nous sommes retrouvés avec 3 cumulonimbus autour de nous…Tout le monde s’active, épuisés des 2h de sommeil par jour, nous prenons deux ris tout de suite sur la grand voile et affalons le génois. Apres 4h nous arrivons à sortir de la, trempés jusqu’aux os … rassurés… Le repis sera bref. Coincés dans les filets de pêcheur, moteur sur off, tout l’équipage aux aguets, jour et nuit, de peur de bloquer l’hélice. Ce fut un moment assez difficile mais la team se serre les coudes, tout finit bien. Nous sommes récompensés par un instant de grâce au coucher du soleil, les dauphins nous accompagnent avec un ciel embrasé, moteur coupé, bruit des vagues, personne aux alentours, Caravan Palace pour nous faire danser sur le pont et saut de bonites au loin. Bonheur. Nous avons donc navigué 4 jours pleins, fait une halte de 1 jour et demi à Pangkor pour souffler puis repris la route du sel pendant encore 2 jours et demi. Pour une première traversée avec Aeleutheria et pour nos navigateurs en herbe se fut un peu mouvementé mais comme on dit, c’est le métier qui rentre. Nous manions désormais la barre franche avec le doigt de pied en jouant au yams.

Enfin arrivés à Langkawi, nous louons des scooters pour la decouvrir. L’ile est un écrin de nature, cependant, elle n’est pas sauvage, plutôt riche, moderne et evoluée, peut être due à la défiscalisation et à la présence de nombreux yachts. Ici le temps est clément, nous retrouvons nos compagnons musiciens argentins au mouillage dans une jolie crique remplie de plancton phosphorescent. Bbq sur la plage avec les navigateurs, guitares et cajon, nous y trouvons notre compte tout de même. Deux jours de repos bien mérités et rebelote, on achète tout le matériel pour caréner le bateau, puis le projet va enfin éclore, nous prévoyons de nous rendre dans les écoles et associations de l’ile. Nous attendons patiemment la date ou nous pourrons sortir le bateau et la c’est reparti pour 15 jours de chantier. Nous prévoyons des ateliers cirques pendant nos jours off. Chantier, cirque, baignade, rencontres, sont les maitres mots de l’aventure. Au final, 457 miles parcourus et des millions d’histoires à vous raconter !

 

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