Nous nous posons enfin au mouillage de Langkawi, île Malaisienne tout près de Ko Lipe (Sud Est de la Thaïlande), après ces éprouvants travaux de carénage et cette jolie pause sur Satun. Encore quelques détails à régler avant de remettre Aeleuthéria sur sa destinée qu’est de voguer sur les flots à la recherche d’endroits paisibles et reculés à la rencontre de villages loin des foules touristiques.

A ce jour l’équipage est au nombre de 4. Cap’tain Iris, Maudinette, Freddo et la dernière débarquée Vanoo. Nous devons changer les batteries, nettoyer les cuves pour les remplir d’eau, réparer l’enrouleur pour monter le génois, faire le plein d’essence, et faire le ravitaillement de nourriture pour 15 jours avant de partir. Sur le papier « easy » et départ prévu dans 2 jours. Ceci est sans compter que la vie en bateau dépend d’un espace temps autre que celui que nous avons l’habitude. Le temps et les projets sont définis, modifiés, remis à plus tard, arrangés, annulés, développés bref en perpétuelle évolution. Oui, car il faut décider à plusieurs, tenir compte d’une météo favorable (qui n’est pas toujours le cas), que le bateau soit près à partir (ce n’est pas toujours le cas, non plus! ) et le temps de mouillage à un endroit dépend aussi beaucoup de ce qu’on va y trouver et de comment on s’y sent. Il faut dire que le mouillage à Telaga est bien agréable, les voisins (par voisins on entend les autres bateaux) sont accueillants, le lieux bien charmant entouré de 2 petites îles et un « pied à terre » proche d’une belle cascade et toutes commodités pour faire les réapprovisionnements.

Une semaine passa et nous voilà fin prêts, direction Singa Besar, charmante petite île déserte non loin de Langkawi où l’histoire raconte qu’un dénommé « Zen » y vit en ermite et qu’une source d’eau douce coulerait à flot (whaouuuuu serait-ce un rêve?). Le vent est avec nous dressons les voiles et allons y gaiment ! 3h00 de navigation et une arrivée en ces lieux magnifiques, jetons l’encre et posons le pied à terre . L’histoire disait donc vrai!!! C’est ainsi que nous décidons d’y installer un camp d’entrainement avec slackline, tissu, musique live, mais aussi de repos avec hamacs pour vous servir ainsi qu’une eau douce pour notre consommation et douche à volonté. Un vrai petit coin de paradis ! On pourrait facilement en oublier le temps qui passe et le pourquoi du comment on a atterri là, mais nous ne endormons pas sur nos lauriers nous avons du pain sur la planche.

Profiter de Kuah pour se réapprovisionner avec les avantages du Duty free, avant de partir pour Penang autre île Malaisienne plus au Sud. Après un faux départ (oui le grain tout là bas au fond ne nous a pas donné envie de le traverser, on est pas loin autant choisir les bonnes conditions pour ce bout de chemin), on arrive à destination, ravitaillement on se prépare, on modifie légèrement les plans et petite nuit pour partir bien tôt le lendemain.

6H45, les yeux à peine ouverts, on décide de passer un peu de bon temps sur Palau Payar, petite île ou rien ne se passe en surface mais alors sous l’eau un véritable aquarium, une faune variée, colorée vagabondant dans une flore riche avec de jolis reliefs, ça fait tellement plaisir à voir, on a même pu croiser un requin pointe noire en snorkeling dans moins 2m de profondeur ! Que c’est bon de se retrouver là, seuls, au milieu de rien (si si, regardez sur la carte vous ne trouverez même pas l’île et ça c’est la magie de la vie en bateau).

2 jours plus tard nous mettons Cap sur Penang car nous avons beaucoup entendu de Georgetown où le street art y est très présent, on a peut être notre place là bas. Bien que le mouillage ne soit pas propice aux voiliers (ambiance portuaire entre île et continent sans « réel » ponton à dingy permettant de gérer les allers et retours sur l’île en tenant compte des marées (ça c’est une autre histoire, on en parle vraiment ?).

Départ en fin de journée pour une nav’ de nuit. Le vent est avec nous, les voiles gonflées à bloc, moteur coupé, on atteint une jolie vitesse de 6,6 nœuds. Whaou !!!!! C’est bon de naviguer ainsi avec une houle douce mais présente qui nous permet de danser sur l’eau, c’est beau, c’est doux, c’est calme ! On a pas eu cette chance sur toute la traversée qui a duré 11h mais c’était un chouette moment et une belle expérience surtout pour ceux qui n’ont pas cette chance d’être sur l’eau dans leur quotidien. L’accueil fût « sympa » avec ce grain qu’on s’est pris sur la tête. Sans crier gare une tempête s’invite alors que nous profitons d’un petit verre de rhum en jouant aux cartes (pas pire 😉 le temps qu’Iris parte chez les voisins expliquer la route pour qu’ils puissent passer le détroit de Malacca) . Attention cramponnez vous, une force de vent incroyable, une pluie torrentielle, tout bouge on a l’impression d’avoir décroché alors que non, il s’agit d’un gros bateau de pêcheur qui lui va se cogner aux autres derrière nous (devant, ou à côté ??? Désorientation totale ). On essaie d’enlever les bambous et la toile qui nous sert d’ombre la journée mais c’est trop tard ça a cassé, on met le moteur en route, sortons les pare-bats, à l’affut de tout ce qui pourrait nous toucher. Et là … On voit un dingy luttant contre les vagues… Mais, c’est Iris !!!! Elle a quitté les voisins pour rejoindre le bateau mais en vain. Elle lutte, elle lutte, mais les vagues sont trop fortes le moteur (endommagé) pas assez puissant pour les affronter et manque de se retourner à plusieurs reprises. Sous les yeux inquiets des autres équipiers elle trouve refuge auprès d’un bateau de pêcheur voisin… La voilà en sécurité, désormais attendons que l’orage passe.

Remettons nous de nos émotions et mettons nous au boulot. Le lendemain nous avons contacté le Consulat Français et nous avons fait la jolie rencontre de David qui habituellement s’occupe des gens avec de « vrais problèmes » mais notre projet l’a tellement intrigué et intéressé qu’il s’est investit avec nous à la recherche de ces écoles pouvant apprécier ce que nous avons à leur apporter. Le pari fût gagné avec pour commencer une intervention dans une école Montessori avec de tous petits bout de chou allant de 3 à 7 ans. Même si 68 enfants le matin et 36 l’après midi nous a effrayé au départ, ce fût une magnifique expérience que de leur présenter un spectacle de clown, jongle, acro. Leurs rires et leurs sourires nous inspirent. Les profs de l’école nous aide à faire régner la discipline pendant les ateliers, tous les enfants s’impliquent, s’appliquent et s’amusent. L’ambiance est chaleureuse et fun. Quelle belle journée !

Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin, nous avons par la suite fait connaissance de Miss Chew qui a complètement géré la rencontre avec deux grandes écoles chinoises où nous devons nous présenter face à… 300 et 700 élèves !!!! Mais quelle folie !!!!!!!!!!!!!! Dans le tourbillon de l’action nous ne pouvons pas refuser et tout est réglé comme du papier à musique. RDV du matin avec 2 voitures pour nous conduire, meeting dans les écoles avec spectacles et ateliers par groupe de 40 enfants dont les ateliers sont répartis entre Fred à la jongle, Maud aux assiettes chinoises, Iris à la slack et Vanessa à l’acro. Les enfants s’éclatent, leurs yeux pétillent, et ces éclats de rire, c’est fabuleux, ça résonne dans tout nos corps et nos têtes à en avoir les larmes aux yeux. Oui parce que tout ce petit monde quand il éclate de rire c’est comme une bombe en plein cœur ! Ces enfants ont une éducations riche, et stricte ils ne connaissent pas ou que très peu l’amusement et les activités, le projet est là pour leur faire découvrir et visiblement ceci est accueilli à bras ouverts et ils en sont tous très reconnaissants.

Après avoir connu de si joli moments de partage, ont change d’horizon. Quelques jours avant, lors d’un passage à un marché de l’art où nous avons eu la possibilité de pratiquer l’acroyoga avec un groupe de Penang, nous avons rencontré Messy une jeune américaine qui s’occupe d’enfants réfugiés birmans. Ainsi nous présentons notre projet, avons RDV dans cette école. Changement de décor et d’ambiance! Nous arrivons dans une petite bourgade au milieu de ces buildings, un soleil de plomb, une chaleur étouffante, une petite salle, des enfants partout. Bien qu’ils soient BIEN MOINS nombreux, la vie est bien présente, ça crie, ça court, ça joue. Difficile de recadrer tout ça mais on tente de discipliner les choses malgré tout. Spectacle de présentation et divisions des troupes pour en faire des petits ateliers . Ahahahahahahah ça part de partout les groupes se mélangent mais on arrive à passer tellement de bons moments et de les voir s’amuser et découvrir ces choses que nous voulons partager avec eux. Pari gagné! Décroché des instants de purs bonheur dans des conditions pas toujours faciles !
l’île nous a offert les opportunités que l’on souhaitait mais n’obtenons pas ce que nous désirons à partir du moment où l’on y croit vraiment ?


Des photos, des câlins, un repas et des aurevoirs,… Des activités intenses, riches en émotions, de belles énergies, des étoiles pleins les yeux, nous regagnons Langkawi satisfaits de ce séjour. Nous partons le 7 juin au petit matin, pétole on a pas pu sortir les voiles mais on est revenu à bon port. Récupérons Joy un ancien équipier qui revient, d’autres copains et profitons de quelques jours entre Kuah et Singa Besar puis une page se tourne, chacun d’entre nous prend une direction différente, laissant place à de nouvelles aventures.

A suivre 😉

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