Les débuts d’une nouvelle saison

Les débuts d’une nouvelle saison

La nouvelle saison commence pour Sirkus Laut. Retour sur les dernières semaines, comme un nouveau départ. Rémi le mécano de la team est arrivé mi-janvier a bord pour régler les derniers détails. Iris l’a rejoins fin janvier pour le départ. Nous devrons aller à Lankawi en Malaisie pour caréner Aeuletheria le bateau. Nous récupérerons Lise et Clementine en chemin à Malacca puis le reste de la troupe nous rejoindra à Lankawi. Nous avons eu la visite de Star Seekers, un voilier pleins de musiciens avec qui nous allons naviguer, à Batam (Indonésie) quelques jours plus tard, nous sommes enfin prêt pour le grand départ. Nous partons à deux pour tester ce magnifique bateau.

Tout d’abord nous allons à Nongsa Point, le port principal de l’île, qui est tout au nord pour faire préparer les documents administratifs de sorti du territoire. 16 Miles, vent du nord mais nous ne ferons que du moteur sur ce bout de chemin. Il tourne comme une horloge, quel bonheur ! Arrivée à Nongsa Point nous rejoignons Houia, encore un bateau pleins de musicien avec qui nous allons faire un bout de projet, nous vous parlerons d’eux plus tard.

Une très bonne ambiance dans cette marina, un staff efficace, compétent et des voisins très sympa, merci Roberto pour ce café somptueux. A notre arrivée, le secrétariat se rend compte qu’il nous manque certains papiers et que l’obtention va prendre plusieurs jours. Nous voila face à un problème car les emplacements sont très cher ici. Heureusement le manageur de la marina qu’Iris a déjà rencontrer au paravent connais le projet et nous offre tout le temps nécéssaire pour avoir nos papiers. Il est bon de rencontrer des gens humains. Ce temps nous permet de fignoler des détail comme installer une retenue de baume, réparer la lampe de mat et mettre la girouette. A l’obtention de nos papiers, nous partons pour faire un mouillage avant de traversé du détroit de Malacca (une autoroute à cargos et usine flottante).

Nous avions repéré un coin entre des iles protégé du vent avec 6 mètre de fond. Plutôt pas mal ! Mais Navionics (GPS marin) nous a fait défaut et nous voila posé sur le sable… Bon rien de grave la coque est en acier, il suffit d’attendre que la marée monte. Pendant notre attente nous avons eu beaucoup de visite, nous avons même offert le café au pêcheurs.

Des gens formidable qui se sont arrêtés pour prendre soin de nous, eau, poisson et besoin vitaux mais nos vivres sont déjà pleins. Nous avons regagnés la plage à pied et à la nage dans la journée, nous pensions arriver sur une ile déserte mais pas si déserte que sa finalement ! Quelques minute après, nous nous retrouvons avec tout les enfants du village, on dort, on joue avec eux tout en passant le temps. Il est temps de rentrer sur Aeuletheria et de tout préparer pour la marée haute (4h du matin). Comme cette marée n’est pas très haute, nous devons user de stratagème. Nous attachons un bout (cordage) sur un gros rocher sous l’eau à bâbord que nous allons relier à un winch du voilier afin de faire pencher la quille du bon coté. Sayini, un pêcheur revient nous aider avec sa barque et sa determination. Victoire, à 4h06 du matin. Aeleutheria se débloque et nous partons. Allez hop nous voilà parti pour la traversée du détroit de Malacca. Le bateau n’a rien, à peine quelques rayures. Nous prenons nos aises et nous sortons les voiles Avec un vent faible mais constant de NE. Nous notons que la barre a roue hydraulique peine un peu…

Nous parcourons quelques miles et là… Nous avons de plus en plus de problèmes avec la barre jusqu’à perdre complètement la direction. Il fais nuit. Nous sommes face à un réel problème. Dans un premier temps nous avons dû jouer avec les courants et l’accélérateur (coup d’accélérateur remonte à bâbord, lâché des gaz dérive à tribord) pour se dégager des cargos. Notre petite combine nous amène devant l’île de Pisang (île paradisiaque de la banane).

Nous resterons deux jours pour nous remettre de nos émotions. Pour repartir en direction de Malacca nous mettons la barre franche qui n’est pas simple à manier étant donné la taille de Aeleutheria et sans accès direct a la manette de gaz.

150 miles plus tard nous arrivons dans la nuit vers Malacca et nous mouillons près d’une magnifique mosquée verte ! Nous avons tellement hâte de prendre une douche et de dormir sur nos deux oreilles. Le destin en a décider autrement pour Rémi qui s’est pris un bout de métal dans l’oeil, ce qui l’empêche de dormir toute la nuit. Le lendemain direction hôpital pour une longue journée d’attente mais ouf tout va bien, ils ont de bons spécialistes en Malaisie.

Malacca est une ville surprenante par sa mixité culturel. Elle a été colonisée par les anglais, les hollandais et les portugais puis par les Malaysiens, Chinois et Indiens. Mélanger tout ça et vous avez Malacca. L’architecture est surprenante, en changeant de quartier nous avons l’impression de changer de pays. L’art et architecture est surprenante. La ville est classée patrimoine mondial UNESCO.

Les filles arrivent. Lise et Clémentine, prêtent à partir, plus motivées que jamais. Ils nous fallut plusieurs jours pour traverser en long et en large la ville afin d’avitailler le bateau et trouver tout le nécessaire logistique manquant à notre traversée. Le jour du départ, 3h du matin, la pompe à eau de mer se met à fuir, retardant d’un jour le départ. Marée haute le lendemain à 5h18, départ. Deuxième tentative concluante. La traversé fut belle et intense, mais nous utilisons beaucoup le moteur car peu de vent. Nous avons essuyé une tempête ce qu’ici ils appellent un grain… En en rien de temps au lever du jour, nous nous sommes retrouvés avec 3 cumulonimbus autour de nous…Tout le monde s’active, épuisés des 2h de sommeil par jour, nous prenons deux ris tout de suite sur la grand voile et affalons le génois. Apres 4h nous arrivons à sortir de la, trempés jusqu’aux os … rassurés… Le repis sera bref. Coincés dans les filets de pêcheur, moteur sur off, tout l’équipage aux aguets, jour et nuit, de peur de bloquer l’hélice. Ce fut un moment assez difficile mais la team se serre les coudes, tout finit bien. Nous sommes récompensés par un instant de grâce au coucher du soleil, les dauphins nous accompagnent avec un ciel embrasé, moteur coupé, bruit des vagues, personne aux alentours, Caravan Palace pour nous faire danser sur le pont et saut de bonites au loin. Bonheur. Nous avons donc navigué 4 jours pleins, fait une halte de 1 jour et demi à Pangkor pour souffler puis repris la route du sel pendant encore 2 jours et demi. Pour une première traversée avec Aeleutheria et pour nos navigateurs en herbe se fut un peu mouvementé mais comme on dit, c’est le métier qui rentre. Nous manions désormais la barre franche avec le doigt de pied en jouant au yams.

Enfin arrivés à Langkawi, nous louons des scooters pour la decouvrir. L’ile est un écrin de nature, cependant, elle n’est pas sauvage, plutôt riche, moderne et evoluée, peut être due à la défiscalisation et à la présence de nombreux yachts. Ici le temps est clément, nous retrouvons nos compagnons musiciens argentins au mouillage dans une jolie crique remplie de plancton phosphorescent. Bbq sur la plage avec les navigateurs, guitares et cajon, nous y trouvons notre compte tout de même. Deux jours de repos bien mérités et rebelote, on achète tout le matériel pour caréner le bateau, puis le projet va enfin éclore, nous prévoyons de nous rendre dans les écoles et associations de l’ile. Nous attendons patiemment la date ou nous pourrons sortir le bateau et la c’est reparti pour 15 jours de chantier. Nous prévoyons des ateliers cirques pendant nos jours off. Chantier, cirque, baignade, rencontres, sont les maitres mots de l’aventure. Au final, 457 miles parcourus et des millions d’histoires à vous raconter !

 

Un été à bord de l’Aleutheria

Un été à bord de l’Aleutheria

Voilà plusieurs semaines que nous n’avions pas donnés de nouvelles… Retour sur les dernières péripéties des Sirkus Laut, à bord du bateau comme à terre.
Pour commencer, le mois de Juillet a été ponctué par le retour d’Aurore et Mika, pendant un mois nous étions trois à bord. Des supers copains d’Iris venus pour filer un coup de main, car eux aussi ont un voilier en Martinique. Mécanique, électricité… nous avons presque fini tous les petits travaux à bord de Aleutheria.
S’en est suivi l’arrivée de Danielo et Jonas au début du mois d’Août . Deux artistes, clown et danseur qu’Iris a rencontré à Bruxelles l’an dernier. Par la suite nous sommes rejoints par la talentueuse Dallal, qui vient du Koweït et qui fait du Hula loop à merveille. Nous voilà enfin bien nombreux à bord avec de multiples nationalités : Français, Italien, Koweïtien, Belge… Le top quoi !

Le moteur précédemment sorti du bateau pour réparations est enfin prêt. Le rapatriement est assez facile, en seulement une journée il est a nouveau à l’intérieur du bateau. Iris passera tout de même deux nuits à tout remonter sur le moteur avant le moment de vérité… ça y est, le moteur tourne ! Pas avec la clé, certes, car petit problème électrique entre le démarreur et le contacteur mais un tournevis fait très bien l’affaire. C’est une grande victoire pour l’équipe car les pannes se sont multipliées et réaliser les réparations à l’autre bout du monde a toujours été compliqué. Bref ça tourne c’est le résultat qui compte.

Dernières préparations, on remplit les cuves d’eau, de gasoil, on fait l’avitaillement pour partir, les voiles, La checklist est complète. L’excitation monte… Le lendemain nous décidons de faire un tour avec le bateau avant de partir le surlendemain matin direction la Malaisie. On sort du port mais après 400 mètres le bateau n’avance plus alors que le moteur tourne toujours. Voila un nouveau problème, crispation à bord. C’est la faute de l’inverseur, la transmission juste après la boite de vitesse. Rien de très grave mais pour réparer ça il faudra redémonter le moteur, c’est facilement réparable mais cela prendra beaucoup de temps. Donc plus de marche avant. Nous rentrons au port en marche arrière. La première conduite du bateau pour notre captain Iris, en moonwalk.
De retour à quai, toute la team est dépitée, Batam est une ile assez spéciale pour vivre car très industrielle et les conditions de travail ne sont pas faciles, il y fait très chaud. Il faut prendre une décision. Pour le bien-être de tous et pour ne pas faire caler le projet, nous allons bouger sans le bateau, prendre un grand bol d’air frais et faire vivre Sirkus Laut ailleurs. Nous terminerons la réparation lors de notre prochaine session. Rémi le mécano de l’équipe fera parti du voyage, une fois son arrivée à bord tout ira beaucoup plus vite.

Nous partons de l’autre coté de l’archipel, direction Bali ! Malheureusement Aurore et Mika ne pourront pas nous suivre, leur route continue en direction de la Thaïlande. Nous nous reverrons bientôt, quand nos bateaux se croiseront entre deux océans.
Dès notre arrivée à Bali nous allons à la rencontre de Nachos. Nachos nous a écrit il y a plusieurs mois car il a aussi une association qui a plusieurs bateaux. Deux sont actuellement en Indonésie. Cela fais 4 ans qu’il navigue. Avec lui nous avons pu faire un mini show lors d’une jam session dans un endroit très sympa près de Ubud ”La Bohemia”. Nous avons ensuite navigué avec lui, nous sommes allés sur une ile déserte où nous avons passés la nuit. Le vent était avec nous, de travers et assez constant, nous avons pu sortir toutes les voiles, pur bonheur. Nous ferons certainement faire quelque chose ensemble dans les prochains mois car son équipage est composé de musiciens, de très bon musiciens ! La première nuit passée sur leur voilier, l’un des deux moteurs ne marchait plus et devinez quoi ? Iris et Danielo se sont retrouvés à bosser jusqu’à 5h du matin sur le moteur, à croire que nous somme maudis ! Problème résolu et grâce à cette navigation nous retrouvons espoir de poursuivre Sirkus Laut sur l’Aleutheria.
Regonflé à bloc et plus déterminé que jamais pour faire vivre cette aventure dès notre retour. Mais c’est la vie, parfois il faut savoir lâcher prise pour prendre un peu de recul, observer de loin pour trouver de meilleures solutions.

Iris part avec Danielo, son compagnon de voyage sur Lombok, et Jonas et Dallal sur les îles Gili, petit paradis. Notre arrivée à Lombok fut un peu épique. Difficile de briser la glace entre locaux et occidentaux ici, mais les quelques mots d’indonésien d’Iris et le diabolo de Danielo aident beaucoup. Nous allons dans la montagne, le volcan Rinjani, là où il n’y a pas de touristes. Nous dormons chez les locaux qui nous invitent à manger. Les gens sont tellement gentils que nous décidons d’organiser un atelier cirque avec les enfants du village pour les remercier. Il nous suffit d’aller dans les rizières et de siffler pour qu’une vingtaine d’enfants court vers nous. C’est la première fois qu’ils pratiquaient le cirque, c’est même d’ailleurs la première fois qu’il voyaient du cirque. La vidéo parle d’elle même, les enfants sont juste géniaux. Nous nous sommes beaucoup amusés et avec juste un clown. Encore de quoi nous regonfler en énergie.

  

Bref nous voilà déjà fin août. Ils est temps pour l’équipe de repartir.
Iris reviendra sur le bateau en janvier avec une nouvelle team et un mécano pour poursuivre l’aventure. Le bateau est off de Septembre à Janvier le temps de remplir la cagnotte pour repartir de plus belle.
A bientôt pour de nouvelles aventures !

Le mois de juin de SirkusLaut

Le mois de juin de SirkusLaut

Juin 2017: Les réparations continuent !

La préparation du bateau avance à grands pas, tout serait presque prêt, mais un accident de manipulation du moteur oblige Iris à se lancer dans la mécanique ! C’est à dire le démonter, car il s’est rempli d’eau de mer. A ce moment là, découverte d’une étrangeté mécanique, il est également rempli de liquide de refroidissement. Il faut le démonter intégralement, le sortir du bateau et l’emmener chez le mécano. Des solutions sont trouvées pour sortir le moteur grâce à l’aide de Claude, et de quelques indonésiens. Le moteur arrive au garage.

Quelques jours plus tard, le 15 Juin, arrivent de la Martinique Aurore et Mickael. Ils vont rester jusqu’à la fin du mois d’Août, pour le premier voyage d’ Aeleutheria avec Sirkus Laut. Avant le grand départ, encore moult petites choses à faire, sans compter le moteur, qui mises bout à bout forment au final une liste assez conséquente !

Iris et Aurore commencent par nettoyer la cale moteur, puis s’attaquent à refaire le silicone des deux hublots du carré avec du vrai sikaflex, silicone super étanche, matériau préféré des marins ! Le « Sika » (entre autre matériau) ne se trouve pas sur l’île de Batam, il faut faire un aller retour à Singapour, c’est à dire prendre le ferry, changer de pays, c’est faisable en une grosse journée. C’est la première fois qu’Aurore refait l’étanchéité d’un hublot et manipule cette substance chimique et délicate matière…Une catastrophe et il faudra tout refaire ! Mais encore, Aurore emmène le câble du sondeur jusqu’à la barre, dans le cockpit, où sera installé l’écran de lecture sur une petite table en bois qui servira également à la tablette pour les cartes de nav’, et au compas. Mika s’occupe de remettre en marche les deux moteurs hors-bord yamaha 15 chevaux. Un sera destiné à être vendu ou échangé contre une annexe. Iris refait la porte en teck du bateau qui pourrissait : Sikaflex, ponçage et vernis (7 couches pour l’extérieur !).

Un jour, nouvelle du garage où est le moteur : il faut l’emmener dans un gros garage chinois à Nagoya, la ville à 20 km d’ici pour le tester. Trouver une voiture pour le transporter ne fut pas si simple, surtout pour une femme. Mais finalement, William, un Indonésien qui a un stand au marché, trouve un petit pick-up à louer avec chauffeur, pas le choix. Arrivé à Nagoya, on apprend que le lendemain, la plupart des commerces, y compris ce garage là, ferment pour 10 jours. C ‘est les vacances de la fin du ramadan ! Verdict pour les pièces moteur : il faut acheter 4 chemises et leurs segments, et ramener au moins une chemise au grand garage pour qu’ils puissent tester les pistons. Tout ça, avec les vacances au milieu, est synonyme d’attente. Mais ça n’est pas comme si il n’y avait rien à faire…Ne serait-ce que trouver les pièces pour le moteur. Iris pensait aller en Malaisie, car à Singapour, les prix sont inabordables. Finalement, c’est Rémi qui les commande aux Etats-Unis, livrées à Singapour, pour des prix défiants toute concurrence !

La réalité est qu’il est compliqué de faire chaque chose d’un bout à l’autre, souvent parce qu’il manque du matériel, ou que ça n’est pas le bon. Les vacances ne sont pas là pour nous aider…

Revenons à la liste des choses à faire et des avancées, en vrac :

  • Mika fait des plans pour faire fabriquer des bossoirs par l’entreprise de Boudit, l’ami indo d’Iris. C’est un portique installé à l’arrière du bateau qui sert à fixer les panneaux solaires.
  • Quelques allé-retours sont faits au magasin Yamaha pour les pièces des moteurs hors-bord. Huile moteur, anode, propiler. Il faut y retourner deux fois, ça n’est pas les bons modèles.
  • Sinon, une grande avancée pour la future vie à bord : Aeleutheria a une annexe ! C’est Joeff, un Australien fabricant d’annexes (à des prix exorbitants) pas loin d’ici, qui nous l’a trouvé d’occasion pour un prix raisonnable. La vente d’un des deux moteurs hors-bord va largement la rembourser. C’est une belle grande annexe boudin fond aluminium, qui malheureusement n’est pas parfaite, elle fuit déjà là où elle a été recollé. Joeff va revenir pour tenter de régler ça…
  • A part ça, on a trouvé du gros câble qu’il manquait pour brancher le guindeau électrique.

Le mois de Juin se termine. L’espoir est de partir dans une semaine pour la Malaisie, afin d’obtenir un permis de naviguer . C’est une demande des magasins Jotun pour honorer leur partenariat avec Sirkus Laut. Celui-ci consiste à fournir gratuitement la peinture pour caréner le bateau, ceci pour une durée illimitée !

Revenir ensuite à Batam brièvement pour récupérer la peinture, et repartir en Malaisie pour faire le carénage, parce que c’est beaucoup moins cher là bas de sortir le bateau de l’eau.

Dans cette prochaine semaine, il reste encore à brancher le guindeau, la VHF, le sondeur et le pilote automatique, fabriquer la tablette. Réparer la cuve à gazole, interconnecter et brancher les cuves à eau douce, accastiller et préparer les gréements pour naviguer. Faire faire les bossoirs, vendre un moteur hors-bord. Et bien sûr : aller chercher les pièces du moteur du bateau à Singapour, et le moteur à Nagoya au garage chinois. Le remonter, étanchéifier la cale moteur, et là on pourra partir. Vaste programme !

Autant dire qu’il n’y aura pas le temps de s’ennuyer ces prochains jours à bord d’Aeleutheria !

Le week-end du 24-25 Juin

Le week-end du 24-25 Juin

Un atelier cirque à l’hôtel Harris Batam Waterfront

Iris connaît maintenant bien Romain, le gérant français de l’hôtel voisin de la Marina. Il nous propose de faire un atelier cirque improvisé, un week-end où il y a du monde, pour avoir des photos, et relancer la demande de partenariat avec la chaîne Tauzia, qui possède des hôtels un peu partout en Asie. A voir par la suite sur quel type de partenariat cette action pourra évoluer… Prestations payées ou mécénat ? On ne sait pas encore !

Samedi 24 Juin

Nous voilà donc tous les trois au bord de la piscine d’un hôtel de luxe, on va faire notre premier atelier de cirque gratuit pour des enfants bourgeois, improbable mais vrai ! On installe d’abord le matériel vers midi, slike-line, tapis, malle de jonglerie, et on tente d’attirer l’attention par quelques clowneries, pour que les parents inscrivent leurs enfants à l’atelier prévu à 16h. Presque tous nous disent qu’ils partent faire du shopping. On laisse tomber l’inscription et on revient vers 15h30 pour voir qui sera là. On arrive à réunir quelques chinois en bas-âge et un petit indien débrouillard qui arrivent après un couple d’instits français de Singapour avec deux petits bouts de choux adorables. L’atelier se déroule finalement plus sous forme ludique que réellement pédagogique, mais étant donné le contexte de vacances avec des attractions dans tous les coins, difficile de faire autrement. Enfants et parents sont en tout cas contents, et nous aussi !

Dimanche 25 Juin: L’IDUL FITRI

C’est comme ça que s’appelle en Indonésie le jour où le jeun du Ramadan est rompu, à la nouvelle lune, l’équivalent de l’Aid chez les maghrébins. La tradition veut que chacun aille saluer ses voisins et tout spécialement les anciens. Chaque famille a de la nourriture et des boissons à offrir. Les enfants passent également de maison en maison, où on leur offre de l’argent, friandises et sodas ! Cette journée a pour fonction symbolique de renaître tel un nouveau-né, après s’être lavé de ses pêchers pendant le mois de Ramadan. Nous avons eu la chance et l’honneur d’être invités par Ima, l’ami d’Iris originaire de Java, pour manger à midi. Nous avons ensuite fait le tour du voisinage en compagnie d’Ima et de son mari. Quel accueil, que de choses délicieuses à goûter ! Au bout de cinq maisons, sans compter le copieux repas de midi, nos estomacs avaient du mal à suivre ! Ce fut une très belle journée ! Cela nous a fait du bien d’être en contact avec la population locale, après ces jours de travaux sans fin sur le bateau !

Pulau Batam par Sirkus Laut

Pulau Batam par Sirkus Laut

Province des Iles Riau en Indonésie

Kota Batam

Sirkus Laut sur Pulau Batam

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu’il s’agisse d’Iris seule ou accompagnée de Laura, Margot et Chloé, nous avons déjà passé 3 mois à Batam, à Tee Kay Marina Port, où l’Aeleutheria est amarré depuis plusieurs années. Il est donc grand temps de faire le portrait de Pulau Batam par Sirkus Laut !

Pour vous la situer, pulau (“île” en indonésien) Batam est la principale d’une centaine d’îles constituants l’archipel de “kota Batam”. Il faut savoir que les “kota”, ou “kabupaten”, sont l’équivalent de nos départements français. Or, kota Batam est l’un des sept kota et kabupaten qui constituent la province des Iles Riau.

Chaque kota ou kabupaten est constitué de plusieurs dizaines d’îles. Donc si l’on multiplie tout cela par les 401 kabupaten et 97 kota qui constituent les 34 provinces du plus grand archipel au monde, vous pouvez imaginer le nombre d’îles qui constituent l’Indonésie! En fait, on en dénombre officiellement 17 508 … E un peu plus de 900 d’entre elles seulement seraient habitées !

A présent, rapprochons nous un peu de notre localisation actuelle. Pour la petite histoire, jusqu’à il y a quelques décennies, Pulau Batam n’était qu’une petite île isolée du Nord Ouest de l’archipel où il n’y avaient que quelques dizaines de milliers d’habitant. Dans les années 70, les dirigeants indonésiens se sont mis en tête de faire de Batam un pôle économique, urbain et industriel majeur dans la région. En somme, une sorte de second Singapore en concurrence direct avec cet Etat, à une vingtaine de kilomètres ! Pulau Batam devait devenir une  »île-ville » à l’image de sa voisine  »île-Etat ».

Une dizaine d’années ont suffit pour mettre cette ambition en échec à cause de réformes économiques peu attractives pour les investissements étrangers. Batam continue néanmoins à se développer économiquement, mais à un rythme bien moins effréné que les plans initiaux.

Logiquement, la densité de population y a explosé rapidement sans pour autant que les infrastructures de gestion ne suivent (selon Wiki, c’est officiellement la  »ville » d’Indonésie au développement le plus important avec un taux de croissance de la population de 11% par an. Aujourd’hui il y a plus d’un million d’habitants dans la kota). Cela se ressent sur l’aspect général de l’île, dans son organisation, la qualité des constructions, leur esthétique, … Mais surtout , de ce que l’on constate nous, dans le traitement des déchets et l’état environnemental général.

Vue courante de Fanindo

Combien de fois avons nous été attristées si non pas consternées en arpentant l’île en scooter, par le nombre de déchets qui trainent partout, par la déforestation massive, les hectares de terres ravagés pour y construire de nouveaux lotissements ou de nouvelles zones industrielles à faible coût.

Lotissements et zones industrielles faiblement occupés car d’une part, depuis quelques années les entreprises étrangères délocalisent en masse vers d’autres pays asiatiques, pour trouver de la main d’oeuvre moins chère et moins protégée qu’ici. D’autre part, les logements restent chers pour les nombreux travailleurs immigrés qui affluent ici pour trouver du travail, parfois en vain désormais. De ce que nous ont dit des amis locaux, il y aurait environ 40 000 chômeurs à Batam.

 »Zoomons » encore un peu plus, et nous  »arrivons » sur Tee Kay Marina Port : la petite marina où est amarré l’Aeleutheria depuis des années et où, de fait, nous logeons depuis des mois à tours de rôle.

Belle brochette! Chloé entourée de ses copains de Tee Kay Marina Port

Cette marina est située dans le Nord Ouest de l’île, dans une des zones encore  »peu » investies par l’activité humaine, par rapport au reste de la pulau. Elle est surtout destinée à accueillir des bateaux locaux. A vrai dire, nous sommes le seul voilier, et les seules  »blanches » du coin. Tous nos  »voisins » sont plutôt des bateaux à moteur pour les douanes, l’immigration, les services de transport, …

Ah si, quand même : nous avons  »l’honneur » d’être les voisines directes du yacht du Premier ministre ! De la kota, de la province ou de l’Etat ? On ne sait pas, hahaha !

Tee Kay est gérée en toute simplicité si l’on peut dire, avec des moyens matériels relativement sommaires… Une excellente introduction à la sobriété de la vie marine que nous nous apprêtons à débuter !

Toutefois, cette simplicité permet des frais moindres et, en plus, les managers de la marina ont accepté de baisser considérablement leur facture pour les dernières années de stationnement du voilier. S’ils n’avaient pas fait ce geste, Sirkus Laut n’aurait pas eu les moyens suffisants pour acquérir le voilier qui abrite le projet.

Marina de Nungsa Point, le côté touristique de Pulau Batam

Il y a deux ou trois marinas sur Batam, et la principale est assez loin, de l’autre côté de l’île : à Nungsa Point. C’est le côté plus  »touristique » de Batam, avec des paysages un peu plus préservés et de belles plages. Evidemment, cette marina est beaucoup plus luxueuse, il y a de beaux yachts, de beaux voiliers, de vraies infrastructures d’accueil, bien plus de  »blancs » comme nous… Avec d’autres moyens financiers, aussi ! Nous ne pouvons pas du tout nous offrir un séjour là bas, bien sûr.

Alors en gros, on nous fait souvent comprendre qu’ici, on est un peu dans le  »trou » du monde, par rapport à des centres comme Batam Center ou Nagoya, deux des gros districts de l’île (ou Nungsa). Les gens s’étonnent la plupart du temps de nous trouver ici, durablement en plus. Bon.

Pour voir le côté positif des choses, les sources de distractions ne sont pas nombreuses et l’on peut donc se concentrer sur les travaux tous les jours, à quelques exceptions près.

 

On s’accorde quand même de temps en temps de petits allers-retours à Singapour par exemple, car de  »chez nous », on peut arriver là bas en deux heures tout inclus (traversée + passages de douanes) en prenant les ferries locaux qui sont à proximité de la marina. Deux heures, si l’on ne s’aventure pas à traverser des jours de Nouvel an chinois, par exemple, comme on (Iris et Chloé) a pu le faire pour arriver ici à la fin du mois de janvier ! Pour Batam, le Nouvel an chinois est un des weekends les plus importants en matière de  »marée humaine », car la diaspora chinoise est assez énorme à Singapour. Or, ce Nouvel an lunaire constitue une des principales périodes de vacances pour eux. Les singapouriens sont donc extrêmement nombreux à venir passer quelques jours de congés ici, parce que c’est pas loin, peu coûteux et plus dépaysant que la rigidité de toutes les règles de leur ville. Ce jour là, nous avons donc mis une demie journée pour rallier notre voilier, au lieu des deux heures réglementaires.

De plus, le coût de la vie est moins cher dans notre zone. On peut manger dans les petits « bouis-bouis » du coin pour 1 ou 2 euros par tête, par exemple.

Et puis, les gens sont vraiment  »cools » au sens propre du terme, et l’on a l’occasion de rencontrer quelques très belles personnes, généreuses au point de se plier en quatre pour nous aider dans nos nombreuses démarches… Et de nous inviter au resto après, pour les plus fous d’entre eux !

Il y a par exemple, Julian, Budit et Ziu, nos anges gardiens électriciens dont on vous parlera dans notre prochain article.

La bande du Harris Resort

Une soirée à House of Coffee in Fanindo avec les copains de Harris Resort Waterfront

Il y a aussi les copains de l’hôtel voisin : le Harris Resort Waterfront. Romain, le gérant de l’hôtel, un français dont on vous a déjà parlé dans un des articles précédents. Grâce à sa gentillesse, on peut profiter d’une belle piscine et d’une connexion Internet quand on en a besoin et surtout quand on le peut, et le tout gratuitement ! Tika, notre jeune copine très dynamique qui nous prête son scooter si souvent pour nos nombreuses courses et recherches dans l’île (contrairement aux séjours précédents, ce n’était pas possible de trouver un scooter à louer pour nous déplacer en autonomie) ; ses amis et collègues Sri et Wawan, avec qui l’on passe de bons moments de temps en temps ; Ima, notre amie professeure d’anglais, présentée aussi dans un des articles précédents, qui veille toujours sur nous !

 

 

Et puis il y a enfin nos  »chouchous » de la marina, avec qui l’on rigole bien souvent et qui sont toujours là pour nous : Martinus (notre  »favorite one » : c’est un jeune papi qui est tellement adorable ! Il sourit tout le temps, pousse de petits cris trop marrants, est serviable comme pas deux, et il est trop mimi !), Idun, Udin, Bustami et leurs chefs Iwan et Romi… Lorsqu’ils ne jouent pas aux dominos, héhé !

Martinus, poseur!

Baptême de plongée pour Chloé avec Udin, pour gratter la coque et inspecter les anodes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous serons tristes de quitter tous ces compères, mais l’on doit avouer que l’on a aussi hâte de changer d’air pour découvrir des endroits plus engageants que ces grandes plaines industrielles !

 

Vue à 360° aplatie de notre Tee Kay marina

Premier jour à Batam, sur l’Aeleutheria!

Premier jour à Batam, sur l’Aeleutheria!

Premier jour à Batam, à bord de l’Aeleutheria, pour Iris et Chloé!

Entre (re)-prise de possession des lieux, balade dans le voisinage, quelques menus premiers travaux et repos bien mérité: ce fut une bonne première journée!

Dans nos « cartons » d’emménagement : notre première jolie base de matériel de cirque!  C’est grâce à la générosité de nos donateurs Ulule ainsi qu’au beau geste commercial de Monocirk à Nantes, que Sirkus Laut a déjà pu embarquer tout cela!

Dans nos valises également : les exquis savons de notre partenaire Aroma Nature, savonnerie à froid aux environs de Villefranche-de-Rouergue, que Sylvain et Leanne nous ont livré grâcieusement pour des douches plus écolos à bord du bateau!

Un très grand merci à tous vos aides magnifiques, de la part de toute l’équipe!

Matériel cirque grâce à Ulule

Iris nous présente le matériel de cirque qui va nous servir aux spectacles et aux ateliers pédagogiques! En arrière plan: L’Aeleutheria!

 

Aroma Nature savons

Un échantillon de la belle livraison des maîtres savonniers d’Aroma Nature!

 

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